Namibie
Récit de voyage
28
novembre 2001 - 15 décembre 2001
Nous devions
quitter l’Afrique du Sud le samedi 24 novembre, le vent n’a pas voulu. Il
soufflait à plus de 40 nœuds ce jour là dans le port. Nous avons attendu le
lendemain, et nous sommes partis au moteur, sur une mer d’huile.
Rassurez-vous, ça n’a pas duré. Tout doucement le vent s’est levé, levé…
Jusqu’à atteindre le bon classique du coin, à savoir 30 nœuds constant et
35 dans les rafales et tout ça dans une eau à 10° environ….Heureusement au
portant et dans le sens du courant. Maintenant
on ne craint plus les fronts froids, mais quand même…
Avantage :
trois jours après, nous arrivons à Lüderitz. Comble de l’ironie,
nous terminerons au moteur, dans le brouillard ! Bonjour l’Afrique !
Les marins du coin nous ont certifié que le brouillard ici était très rare.
C’est plus au nord, vers Valvis Bay qu’il y en a le plus. Ici, c’est le
vent qui prédomine, le brouillard n’est là que 10 jours par an, pas plus.
Ben tiens !
Nous sommes amarrés
à un vieux quai en bois. Le mouillage sur ancre n’est pas recommandé car de
grandes algues rendent le fond glissant. Avec le vent qui souffle ici, ce ne
serait pas prudent, surtout que nous comptons laissé le bateau seul pendant une
dizaine de jours.
L’accueil à Lüderitz
est parfait. Typique des petits ports qui ne voit pas passer beaucoup de
touristes. Comment se fait il que si peu de bateaux s’arrêtent ici ? C’est
à 500 miles de Cape Town, et ne rallonge la route pour Sainte-Hélène que de
100 miles à peine.
Trois heures après
être arrivés, sans avoir eu le temps de faire ni douane, ni immigration, nous
sortons de notre deuxième bar, et avons rendez-vous le lendemain pour avoir une
voiture. Un braii (BBQ en Afrikaans) est programmé sur la plage pour le
dimanche suivant. Ca démarre fort.
Dans le port il y
a des bateaux de pêche, pas trop, un petit porte containeur de temps en temps,
mais surtout des « suceurs de diamants » . Ce sont des bateaux
d’une quinzaine de mètres, équipés d’un immense tuyau de 50 mètres de
long environ, relié à un aspirateur géant et qui, guidé par un plongeur,
suce les fonds sablonneux de la cote à la recherche de diamants. Et ça marche.
C’est une énorme industrie, avec des règles de sécurités contre le vol très
strictes. Les diamants récupérés sont centralisés sur de gros cargos
stationnés au large, et ensuite expédiés à terre par hélicoptère (ou ?
Je ne sais pas, mais pas un diamant n’atterrit à Lüderitz semble t’il)
Il paraît qu’on
est en Afrique ? On se croirait plutôt en Germanie. Tout le monde parle
allemand ou afrikaner, pour nous c’est pareil. Les maisons ont le style
bavarois, et la température oscille entre 12° le matin et 22 à 23° au plus
chaud de la journée. Température de l’eau : 10°.
Et le vent souffle en moyenne à plus de 30 nœuds les trois quart de
l’année. Pourtant…
Pourtant, après
l’eau et la plage il y a le désert. Du gravier gris, des gros cailloux et des
petites dunes de sables amassées par le vent. Pas un brin d’herbe. La Namibie
est indépendante depuis 1990. Son histoire est complexe, et on sent bien
qu’il existe les mêmes rapport blancs/noirs qu’en Afrique du sud.
Mixités partout ou presque oui, mélange non. Grosse différence, la
misère semble moins présente . Le diamant, la pêche et le tourisme qui
se développent, fournissent des revenus et la population noire paraît moins a
l’écart des activités rémunératrices de leur pays.
Nous nous sommes
programmés deux grandes virées. Une au sud vers Fish River Canyon, et la
seconde au Nord, dans Etosha National Park et ensuite les fameuses dunes rouges
du désert du Namib.
Nous quittons Lüderitz
au volant d’une Jetta Volkswagen flambante neuve, avec l’air conditionné.
Quel luxe, mais nous n’avons pas la choix. En fait nous l’avons beaucoup
appréciée, car les trois quarts des routes sont en gravier, bien roulantes
mais poussiéreuses. Très vite également, en s’éloignant de la cote la température
devient africaine, record 43° !
Nous sommes partis
depuis une demi-heure. La route, rectiligne jusqu’à l’horizon est déserte.
De chaque coté, une immense plaine désertique, où se dessinent au loin des
montagnes arides et rugueuses. Pour nous c’est le choc. C’est notre premier
« coup d’œil » sur ce type de paysage. Ouahh ! P….. Que
c’est beau ! Tout au long de nos 5000 kilomètres de découverte du Sud
au Nord de la Namibie, ce sera le même émerveillement.
J’ai coutume de
dire que lorsqu’on ne sais plus s’émerveiller, c’est alors qu’on
devient vieux ! Et bien je vous jure que pendant ce voyage là, on a
rajeuni !
Nous avons choisi
le camping comme mode d’hébergement. La plupart du temps nous plantons les
tentes dans des sites organisés avec douches, éclairage, barbecue et même
quelques fois piscine, avec en prime une clôture pour nous protégés des
grosses bébêtes mais pas des petites… N’est ce pas Tanguy ? Un soir,
alors que nous dînions autour de
notre feu de bois, un petit chacal est venu nous voler notre sac de pain en
tranche. Tanguy s’ est levé tel une fusée et à couru après l’animal au
travers du camp. Il est revenu le sourire jusqu’aux deux oreilles, il avait
sauvé son petit déjeuner du lendemain. On ne plaisante pas avec la bouffe !
Nous revenons vers
Lüderitz en longeant l’Orange River qui sert de frontière entre l ‘afrique
du sud et la Namibie. A un endroit, nous sommes détournés car les eaux sont
hautes et coupent la route. Le détour est
fait par des traces de 4X4 passés avant nous. Les ornières sont
profondes, et faire demi-tour, c’est se rallonger d’au moins 300 kms. Il
faut y aller. Devant nous, une
commerciale bourrée de travailleurs noirs est passée. On devrait y arriver.
Mais notre jolie voiture de ville est trop basse. On est planté. Vu la
circulation dans le coin, on est là pour un bout de temps ! Et non; la
voiture qui était devant nous c’est doutée du coup et à fait
demi-tour. Huit grands noirs balaises s’en sont extraits, on bien rigolé, et
d’une poussette vigoureuse nous ont sortis du bourbier, nous certifiant que
c’était le seul accros de cette piste. Sympa.
Nous courons
maintenant dans le parc national d’Etosha, après les « BIGS FIVES »,
se sont soit disant les cinq animaux les plus dangereux Afrique, et on retrouve
cette déclinaison sur tous les T-shirts, casquettes et autres pièges à
touristes du coin. On s’est fait piégés…, nous n’en verrons que trois :
éléphants, rhinocéros et lions, mais sans compter les gazelles, antilopes,
gnous, girafes, zèbres, singes, phacochères du coin. Un parc magnifique,
immense. Nous y restons trois jours.
Sur le chemin du
retour, nous sommes alors au nord de la Namibie, nous ferons un premier arrêt
dans le Spitzkoope. En dehors de la beauté du coin, nous aurons le bonheur de
faire la notre premier et seul camping sauvage. Nous plantons les tentes au pied
des rochers, et nous sommes tout seul. Rien à l’horizon, des cailloux et le désert ;
on a adoré ! Le soir autour du feu, l’instant était magique.
Clou du spectacle
400 kilomètres plus loin, les dunes rouges du désert de Namib, données comme
les plus hautes d’Afrique. C’est un parc national,
le spectacle est époustouflant. Grimper une dune en soufflant et
redescendre en 30 secondes en courant sera le jeu à la mode de notre virée
dans les dunes. On jouera aussi les explorateurs (le sentier était balisé) au
cours d’une petite marche de 15 kilomètres au cœur des dunes, loin des
pistes de 4X4.
Sur le chemin de
retour, une crevaison providentielle nous permettra de rencontrer des fermiers
isolés qui gère une exploitation dans le désert. Le premier voisin est à
plus de 20 km, et il n’en ont que 2… Beaucoup de similitude entre eux et
nous quand à la gestion de leurs ressources. Eau, électricité en autonomie,
la communion avec la nature, mais
je préfère quand même le bateau. Ca
ne dois pas être drôle tous les jours d’être si isolé.
De retour à Lüderitz,
nous retrouvons nos amis du Rebelle. Eux aussi sont venus faire un tour en
Namibie et ne le regrette pas. Nous quittons la Namibie ensemble pour
Sainte-Hélène.