Les Antilles
Récit de voyage
Jeudi 28 février 2002:
Nous arrivons à Tobago, au sud des Antilles. Nous avons fait une traversée presque de rêve depuis Kourou . Vent léger par le travers tribord, force 3 à 4 et avec un bon courant portant. Nous mettons 4 jours et demi pour avaler les 600 miles. Nous avons rendez-vous avec nos amis Françoise et Noël qui navigue sur leur Gib-Sea TIPUTA. Ils nous attendent à Petit Saint-Vincent. Mais nous leur courrons après jusqu'en Martinique... Ils ont constamment une journée d'avance sur nous. Bref nous filons très vite, sans trop nous arrêter dans ces îles. Décidément il y a trop de monde. C'est un choc de retrouver des mouillages surpeuplés. De croiser des bateaux dont les occupants ne prennent plus le temps de vous renvoyer notre salut. Nous nous sentons un peu décalés.
Mardi 5 mars 2002:
C'est un grand jour pour Mérovée et son équipage. Nous recoupons notre route. Il y a 12 ans, le 30 décembre 1989 nous entrions dans Marigot Bay. La boucle est bouclée. Et aujourd'hui, même endroit, avec un peu d'émotion en plus. On arrose ça le soir par un petit restaurant local.
.../...
C’était
prévu : le séjour en Martinique a été chaud. Nous devons y retrouver
beaucoup de nos amis. Ils sont là ! Les Bretons de Bretagne, les
Bretons de la Réunion, d’autres pas bretons, bref, du monde et du beau monde !
Je vous passe les détails…. Comme en plus c’est tombé pendant mon
anniversaire …….
J’ai
eu un beau cadeau d’anniversaire (entre-autre) : un jeu tout neuf de
haubans !!!!!
Depuis
Fortaleza, je traînais un bas-hauban en piteux état. Il avait deux torons de
cassé au niveau du ridoir. Je pensais que cela allait tenir jusqu’aux USA.
Il a cassé en arrivant aux Tobagos. J’ai réparé avec un palan, et
nous avons pu rallier la Martinique sans y penser. Une fois au Marin, avec mon
ami Thierry, nous avons inspecté l’ensemble du haubanage…. Une fausse
bastaque était dé-toronnée au niveau du mat, et, plus grave encore, l’étai
de génois qui supporte l’enrouleur était lui aussi entamé en tête de mat.
Allez, on change. Ce fut fait en trois fois sans démâter.
Depuis, sous les grains, on a l’esprit plus tranquille. Je me demande
pourquoi….. Notre haubanage avait 22 ans… Il était temps !
Nous
sommes restés 10 jours au Marin sans voir le temps passer.
Nous
avons eu ensuite le plaisir de faire un bout de chemin jusqu’aux Saintes avec
Françoise et Noël sur Tiputa. Ils ont traversé l’atlantique il y a deux
ans, et maintenant, tous les hivers, ils viennent se réchauffer au soleil des
tropiques. Nous passerons trois jours très sympas avec eux.
Nous
décidons ensuite de remonter sur Saint-Martin par petits sauts de puce. Des
petites étapes de 40/50 miles tranquilles. Nous mouillerons ainsi
successivement à l’Anse Déhaies au Nord de la Guadeloupe, ensuite à
Montserrat ou nous serons très impressionnés de voir les ruines de Portsmouth détruite
en 95 par une nuée ardente après l’explosion du volcan. Nouvelle escale à
Saint-Kitts, puis petit arrêt touristique à Saint-Barthélemy. Ce sera enfin
Saint-Martin ou là nous retrouverons des amis suisses sur Cassiopéa. Encore 5
jours de fête.
Le
2 avril, c’est le départ pour les Iles Vierges. Nous avons l’intention de
faire un petit arrêt à Cruz-Bay à Saint-John. Ce sont les Iles Vierges Américaines.
Et bien c’est raté ! Problème de visa. Seule Nicole en avait un. Le
mien avait disparu avec mon passeport volé en 97 à la Réunion, et les enfants
étant sur le passeport de leur mère à l’époque, n’avaient pas le précieux
tampon sur le leur. Bon tant pis ! Nous avons pris ça très bien, sans
colère ni déception. Je crois que secrètement nous étions heureux de gagner
3 jours sur notre arrivée aux Bahamas. Donc après une nuit clandestine sur le
territoire des terribles anti-terroristes, nous sommes partis pour Mayaguana aux
Bahamas, 530 miles au cap 300.