Les Bahamas
Récit de voyage
Lundi 8 avril 2002
Quatre
jours et une heure pour rallier notre premier mouillage paradisiaque depuis les
Iles Vierges. Nous
venons de faire le tour de la planète. Nous avons vu des sites extraordinaires,
mais en ce qui concerne les mouillages (seulement les mouillages),
la couleur, la transparence de l’eau, rien ne surpasse les Bahamas.
C’est extraordinaire.
La magie vient encore d’opérer. Pourtant le temps n’est pas
exceptionnel. Nous sommes soumis en ce moment à une petite dépression locale
qui nous amène nuages et grains.
La
rentrée dans le lagon de Mayaguana à été comme d’habitude « racleuse ».
Avec 1,80 mètre de tirant d’eau, on est quelque fois limite pour les passes.
Mais dans l’ensemble, ça va. Je me souviens qu’il y a 12 ans lorsque nous
avons caréné après notre passage ici, la quille était décapée sur au moins
20 centimètres…. L’astuce consiste à avoir suffisamment de vitesse pour
passer les sur-épaisseur de sable, mais pas trop pour ne pas resté planté
dedans si elles sont trop grosses.
Autre
écueil à éviter, plus dangereux celui-la, ce sont les patates de corail qui
affleurent à 50 centimètres sous la surface de l’eau. Elles sont assez aisées
à contourner. Il est facile de repérer ces grosses taches noires, bien
contrastées par rapport au sable blanc, pour cette raison, il faut absolument
naviguer avec un soleil haut et si possible dans le dos. Les lunettes de soleil
polarisantes sont pratiquement indispensables. En tout cas elles aident beaucoup
au confort de vision.
Sans
danger, l’ombre des petits nuages sur le sable blanc. Exactement la même
apparence qu’une patate de corail. Alors quand vous voyez votre patate qui se
rapproche de vous, ou qui fuit devant l’étrave du bateau…. Ca surprend !
A
Mayaguana nous effectuons les formalités d'entrée . Gratuite il y a 10
ans, cela coûtent maintenant 100 US dollars, pour le bateau et par an.
Pour les visas, c’est toujours gratuit. On est bien content….
Si
nous sommes béats devant les mouillages Bahaméens, nous le sommes moins sur
les balades dans les îles. Mayaguana ne déroge pas à la règle. Il n’y a
rien ! Et quand je dis rien, c’est rien ! 300 habitants sur cette île,
une boutique avec
quelques conserves, un restaurant avec une télé satellite et des hamburgers et
c’est tout. Mais ce n’est pas grave. On est la pour le coup d’œil, soit
du cockpit, soit du bord de la plage, pour mettre le nez sous l’eau et c’est
suffisant. Pour les plongeurs: imaginez : lorsque que je descends
à l’arrière du bateau, au mouillage, avec mon masque, il est
courant d’apercevoir l’ancre plantée à…. 40 mètres devant. Plus
les 12 mètres du bateau, ça fait quand même plus de 50 mètres de visibilité
horizontale. Pas mal, non ?
Le
10, nous quittons Mayaguana pour Rum Cay. Nous mettons à peine 23 heures pour
faire les 135 miles qui nous en séparent. Nous plantons notre ancre dans 1,85
d’eau ( !!!!!!) sur du sable blanc. Rum Cay est bien connue des
navigateurs, et là, nous sommes nombreux au mouillage. Il y a même une marina
en construction qui accueille déjà des bateaux. Rien que des Américains.
Il y a des enfants à bord. Marine et Tanguy sont déjà parti prendre des cours
d’anglais… Ce soir "BBQ pââârtieee" devant les pontons. Allez, la fête à
l’américaine : vous connaissez ? D ‘abord, ça commence à
18h00. Chacun amène sa boisson et son repas ; là, fait exceptionnel tout
le monde a partagé, nous avons déjà participé à des soirées où chacun
ne consomme que ce qu’il a amené…. 20h00 il ne reste
pratiquement plus que nous ! 20h05, ya plus que nous …. Alors on va
se coucher.
Les
2 bateaux Américains remplis de gamins partent demain pour Conception Island,
alors, à la demande de Marine et Tanguy, on suit. Grand bien nous fasse, cette île est superbe, les enfants
s’amusent comme des fous, et nous aussi, tout est pour le mieux.
Il
faut reprendre la route, notre timing est toujours aussi serré.
Direction Great Exumas, une petite navigation d’une dizaine d’heures.
Nous remonterons ensuite vers Nassau par le Yellow Bank. Toutes voiles dehors à
plus de 6 nœuds dans quelquefois moins de 2 mètres d’eau, c’est génial. 4
jours de rêves entre ciel et mer, entre le bleu marine du grand large et le
blanc éblouissant des hauts fonds.
Pas une seule fois nous ne gratterons le fond. C’est suffisamment rare
pour le souligner.
Coté
pêche sous-marine, ce fut fructueux sans être
excessif. Au menu : raie au beurre noir, perroquet cru au jus de
citron, snapper et mérou au four, langouste mayonnaise, fricassée de lambis.
Qu’est-ce que j’oublie ? Ah oui : des espèce de grosses moules
avec un muscle ressemblant a une coquille Saint-Jacques, délicieux ! Quand
je vous dis que les BAHAMAS c’est le paradis !
A
terre il n’y a pratiquement rien à y faire. L’approvisionnement est très cher et rare, hormis
à Georgetown aux Exumas et dans la capitale à Nassau.
Nassau
vit pour et par le tourisme. Imaginez l’ambiance lorsque 4 ou 5 mega-paquebots
débarquent leurs touristes en même temps… Il faut fuir ! Nous n’y
restons que le temps d’acheter nos visas pour les USA, obligatoires quand on
arrive aux USA avec son propre bateau. 120 US$ par personne… Gloup ! Dur
à avaler !
Nous
quittons Nassau le 23 avril pour Bimini, dernière escale avant le continent
Nord-Américain. Deux jours pour parcourir les 120 miles qui nous en séparent.
Deux jours car il est délicat de naviguer de nuit sur le Great Bank, où les
fonds sont au maximum de 4 mètres et plus souvent de 2 ou 3 mètres. Alors, la
nuit, on
mouille ! On jette l’ancre en pleine mer, on pousse même le vice à
faire une petite pêche pour le dîner, que nous dégusterons dans le cockpit,
au coucher de soleil, en écoutant la musique du film « Le grand bleu ».
Nous arrivons le lendemain à Bimini vers 14h00, pour en repartir à 20h00. Le temps est beau, il serait dommage d’attendre plus pour traverser le Gulf Stream direction Fort Lauderdale. Si un coup de vent du nord arrive, on peut resté planter là un bout de temps.
Mérovée
aux Bahamas il y a 12 ans.